J'ai peur de ce que je vais découvrir Quand la peur de soi empêche le premier pas
J'ai peur de ce que je vais découvrir. » C'est peut-être la phrase que j'entends le plus souvent - avant même la première séance. Et si cette peur n'était pas un mur, mais une porte ?
Vous y pensez depuis des semaines. Des mois, peut-être. Vous avez cherché des noms, ouvert des pages, lu des articles - peut-être même celui-ci. Vous avez failli envoyer un message. Et puis vous avez refermé l'écran.
Ce n'est pas une question de temps. Ce n'est pas une question d'argent - même si ces raisons-là sont commodes, et personne ne vous en voudra de les invoquer. Ce qui vous retient, c'est autre chose. Quelque chose de plus ancien, de plus profond, de plus difficile à formuler.
Quelque chose qui ressemble à : et si je découvrais des choses que je ne suis pas prêt à voir ?
Cette peur-là, je la connais. Je l'entends presque chaque semaine. Parfois elle est dite clairement, dès le premier appel. Parfois elle ne se formule qu'après plusieurs séances, quand la confiance est suffisante pour lui donner des mots. Mais elle est là, tapie, bien avant que vous n'ayez franchi la porte.
Et elle mérite qu'on s'y arrête.
Ce que vous imaginez n'est pas ce qui vous attend
La peur de la thérapie repose souvent sur une image : celle d'une boîte qu'on ouvrirait et dont le contenu, une fois libéré, serait impossible à remettre en place. Comme si votre intériorité était un grenier encombré de choses terribles, et que le thérapeute allait vous forcer à tout sortir, tout regarder, tout étaler en pleine lumière.
Mais la thérapie ne fonctionne pas ainsi. Ce n'est pas une fouille archéologique menée par un autre. Personne ne va creuser à votre place, ni vous imposer de regarder ce que vous n'êtes pas prêt à voir.
En Gestalt-thérapie, on part de ce qui est là - pas de ce qui est enfoui. On ne force rien. On accompagne ce qui émerge, au rythme où ça émerge. Le thérapeute ne sait pas ce qu'il y a « au fond ». Il ne prétend pas le savoir. Ce qui apparaît surgit de vous, dans la relation, quand le moment est juste.
Et il y a quelque chose qu'on oublie souvent : ce qu'on découvre en thérapie n'est pas toujours sombre. Parfois, ce qui attendait derrière la peur, c'est de la tendresse. Une douceur pour soi-même qu'on n'avait jamais osé ressentir. Une colère saine qui dit enfin « non ». Un désir qu'on croyait mort et qui respirait encore.
La peur vous promet le pire. L'expérience, elle, est presque toujours plus nuancée.
La peur de soi est une vieille habitude
Si vous avez peur de ce que vous allez découvrir, posez-vous cette question : depuis quand ?
Depuis quand avez-vous peur de ce qui se passe à l'intérieur ? Depuis quand traitez-vous vos émotions comme des menaces plutôt que comme des messagères ? Depuis quand ce qui vous traverse vous semble-t-il dangereux, excessif, incontrôlable ?
Pour beaucoup de personnes, cette peur ne date pas d'hier. Elle remonte à un temps où ressentir n'était pas bienvenu. Où vos larmes dérangeaient. Où votre colère effrayait. Où votre tristesse encombrait. Vous avez appris, très tôt, que ce qui vivait en vous était trop - trop fort, trop intense, trop compliqué. Alors vous avez fermé le couvercle. Et maintenant que vous envisagez de le soulever, c'est normal d'avoir peur.
Mais cette peur ne parle pas de ce qu'il y a dedans. Elle parle de ce qu'on vous a fait croire sur ce qu'il y avait dedans.
Ce que vous portez n'est pas monstrueux. Ce que vous portez est humain. Et ce qui est humain peut être regardé - à condition de ne pas le regarder seul.
Vous n'êtes pas obligé d'être prêt
Il y a une croyance tenace : il faudrait être « prêt » pour commencer une thérapie. Prêt à parler. Prêt à s'ouvrir. Prêt à tout affronter.
C'est faux.
Personne n'est prêt. Personne ne s'assoit pour la première fois en face d'un thérapeute en se disant : « ça y est, je suis parfaitement disposé à explorer mes zones d'ombre. »
On vient avec ce qu'on a - sa peur, ses résistances, ses doutes, et parfois l'envie de tourner les talons avant même d'avoir enlevé son manteau.
Et c'est exactement avec ça qu'on travaille.
En Gestalt-thérapie, votre peur n'est pas un obstacle au travail. Elle en fait partie. Elle est même souvent le premier matériau - riche, vivant, révélateur de la manière dont vous entrez en contact avec le monde et avec vous-même.
Pour débuter :
- Vous n'avez pas besoin de savoir ce que vous venez chercher.
- Vous n'avez pas besoin d'avoir les mots.
- Vous n'avez pas besoin d'être courageux.
Vous avez juste besoin de venir - avec ce que vous êtes, y compris la partie qui n'est pas sûre de vouloir être là.
Ce qui retient est parfois ce qui protège
Un dernier mot, peut-être le plus important.
Votre peur de la thérapie n'est pas un ennemi à vaincre. C'est un gardien. Quelque chose en vous qui veille, qui protège, qui s'assure que les conditions sont réunies avant d'ouvrir. Ce mécanisme vous a servi - longtemps, peut-être. Il n'y a aucune raison de le mépriser.
Mais il arrive un moment où le gardien empêche aussi l'air d'entrer. Où la protection devient prison. Où la prudence coûte plus cher que le risque.
Ce moment-là, vous seul pouvez le reconnaître. Personne ne peut vous dire que « c'est le bon moment ». Mais si vous lisez ces lignes, si quelque chose en vous a cherché cet article, si la question se pose - alors peut-être que ce moment n'est pas loin.
Et peut-être que la chose la plus courageuse n'est pas de ne plus avoir peur. C'est de faire le premier pas avec elle.
Vous souhaitez faire ce premier pas ?
Je suis Geneviève Baradelle, Gestalt-thérapeute à Lyon. J'accompagne les personnes qui hésitent, qui doutent, qui ont peur de ce qu'elles vont trouver - et qui sentent, malgré tout, que quelque chose en elles demande à être entendu.
La première séance est une séance d'orientation. Une heure pour faire connaissance, explorer ce qui vous amène, et sentir si cet espace peut être le vôtre. Aucun engagement. Aucune obligation d'aller plus loin.


